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Miso soup de Ryû Murakami
Date origine :
1997
Editeur :
ISBN :
2877306380

Miso soup

1997
4½ h
D'après votre vitesse de lecture (15 000 mots à l'heure), il devrait vous falloir environ 4½ h pour lire ce livre.

Temps restant en fonction de l'avancement :

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Kenji, un jeune Japonais de vingt ans, gagne sa vie en guidant des touristes dans le célèbre quartier louche de Kabukichô, à Tôkyô. C’est en compagnie de Frank, un client américain, qu’il parcourt durant trois nuits les lieux de plaisir de Shinjuku : trois nuits de terreur auprès d’un meurtrier inquiétant avec qui il joue au chat et à la souris.
Ce roman court et percutant laisse une sorte d’amertume, un goût métallique pareil à celui du sang qui imprègne ces pages minutieuses décrivant - comme l’auteur l’avait magistralement fait dans son roman Les Bébés de la consigne automatique - l’agonie d’un monde sans âme et voué à la solitude. « La littérature, nous dit Murakami, consiste à traduire les cris et les chuchotements de ceux qui suffoquent, privés de mots... En écrivant ce roman, je me suis senti dans la position de celui qui se voit confier le soin de traiter seul les ordures. »

Les commentaires :

"La frontière entre la normalité et la folie devenait floue. Je ne savais plus ce qui était bien, ce qui était mal." Ryu Murakami nous livre ici dans ce court roman (175 pages) l’histoire de Kenji une jeune adulte japonais qui gagne sa vie en guidant les touristes dans les quartiers de la prostitution et des bars glauques de Tokyo. Il a pour client Franck que l’on devine plus âgé que lui, américain, importateur de pièces automobiles qui l’engage pour trois nuits juste avant le jour de l’an. Très rapidement Kenji ressent un malaise à côtoyer ce gaijin, il a des doutes sur les véritables desseins de ce dernier... d’autant plus que depuis quelques jours des meurtres ont lieu dans le quartier de Kabukichô, quartier qu’il fait justement visiter à son client... L’intensité de l’histoire monte crescendo dans une ambiance oppressante à la limite du dégoût parfois comme dans American Psycho, de Bret Easton Ellis auquel il ne ressemble pourtant pas puisque dans Miso soup l’objectif de l’auteur est surtout de dénoncer le japon décadent avec sa prostitution, la violence gratuite, l’individualisme, la déshumanisation et non pas de chercher à se mettre à place d’un serial killer et énumerer ses meurtres abominables. J’ai été complètement happée par l"histoire aussi horrifiante soit-elle. Je l’ai lu moins comme un thriller que comme un témoignage vécu, c’est en cela que ce livre est dérangeant, les détails sont tellement crus et précis que les images mentales sont insoutenables parfois et qu’il faut respirer un bon coup avant de reprendre sa lecture. De plus la façon dont l’auteur parle de ce tokyo, des dérives d’une société éduquée dans le besoin de posséder, d’avoir toujours plus d’argent et de choses au prix de leur intégrité morale et physique est passionnante.
Ce roman du Japon contemporain se lit d’une traite. Il est organisé en feuilleton avec montée progressive de l’étrange, interrogations inquiétantes du personnage et identification du lecteur. Les piments du sexe et du crime sont savamment dosés, ils arrivent lorsqu’il le faut pour relancer l’attention. La vocation de ce Murakami (Ryû Murakami qu’il ne faut pas confondre avec Haruki Murakami) est de « traduire les cris et chuchotements de ceux qui suffoquent, privés de mots ». Or le Japon de Tokyo, à la fin du XXe siècle, semble atteint d’anomie et de mutisme. Les convenances japonaises agissent comme il se doit, mais désormais privées de sens. Pourquoi faut-il que les lycéennes se vendent alors qu’elles n’en ont pas besoin matériellement ? pourquoi faut-il que les salarymen se tuent encore au travail, alors que le pays est enfin développé ? pourquoi les endroits de plaisirs, tradition japonaise, sont-ils devenus ces lieux de vide sidéral où tout plaisir a disparu au profit de l’argent-roi ? Kenji a vingt ans, il n’a ni les capacités ni la volonté d’entreprendre des études ultra-compétitives (et chères). Il se débrouille au noir comme guide traducteur pour touristes américains à Tokyo. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Franck, un curieux bonhomme venus des États-Unis, froid, impérieux et sans problèmes d’argent. Le personnage en vient peu à peu à l’inquiéter, durant une montée délicieuse comme un destin. Il est impossible de dire la suite sans déflorer le meilleur. Le lecteur fera connaissance avec le revers du Japon contemporain, plongeant avec les personnages dans les bas-fonds du sexe hétéro, des bars-lingerie (où l’on mate mais ne touche pas) aux peep shows (où l’on peut prendre en supplément l’extra-spécial) et aux bars à putes (où les professionnelles se distinguent difficilement des occasionnelles). Il apprendra qu’au bord même du quartier d’affaires subsistent des quartiers anciens, figés dans l’immémorial. Que l’on peut s’entraîner au baseball en pleine nuit dans la ville, dans les batting centers. Kenji est « mignon » (au sens japonais du terme, qui n’a rien de sexuel), c’est-à-dire gentil et faible. Il est le Japonais formaté par la modernité commerçante qui menace d’effondrement la société, « sans rapport aucun avec la religion, la pensée, la philosophie ou l’histoire de notre pays » p.276. On ne transmet rien sans la volonté de transmettre, or les Japonais n’ont plus de volonté, ils se laissent mener par le groupe, en toute innocence et sans pitié. Tout ce qui sort des normes est inouï et ils ne savent comment y réagir. Tout le contraire de Franck, américain issu de pionniers dans un pays farouchement volontaire. Commentaire reproduit avec l’autorisation d’Argoul (argoul.com)
 
De Murakami, j’avais déjà tenté Coin Locker Babies beaucoup trop sombre pour que je puisse le finir. Je n’attendais donc pas spécialement un univers plus clair dans cet ouvrage et n’ai pas été surprise d’y voir une description de la jeunesse japonaise débridée qui a oublié de respecter son corps, ainsi que la présentation d’autres quartiers tokyoïtes loin d’être class. Ce qui m’a surprise en revanche, c’est cette lente suspicion qui installe un suspense intense sur plus de la moitié du roman, quand on ne sait encore si le Franck en question est effectivement un meurtrier. Il y avait alors une ambiance magnétique, un attrait indéniable pour cette histoire atypique mais réaliste sur fond de critique de la société du Japon contemporain pré-an 2000. J’en étais même venu à revenir sur mon impression de cet auteur dont je connaissais pourtant peu l’œuvre.
Mais non, en fait. Quand on tombe sur une scène de massacre hyper macabre aux détails dont on se passerait volontiers qui transforment votre visage en grimaces de dégoût au fur et à mesure des horreurs perpétrées froidement. Là, on retourne à l’univers noir profond qui semble définir les écrits de cet auteur.
Connaître, ainsi, la vérité sur Franck casse du coup le climat tendu jusque-là installé, celui-là même qui procurait un intérêt indéniable à ce roman à l’intrigue décalquée. La suite, qui se base sur une relation presque ahurissante entre Franck et Kenji, sort presque de nulle part, avec des justifications de non-dénonciation bien faibles face au récit d’un multi-récidiviste aux relents d’origines sociologiques du mal. La fin a pour le coup de quoi laisser pantois.
Murakami semble globalement ne pas lésiner sur la critique de son monde et de ses dérives, notamment sociétales, en mettant en scène des personnages aux vies cassées confrontés aux cassures morales du pays, très loin des stéréotypes basés sur les traditions que le monde occidental se fait du Japon. Vous cherchez le Japon, son côté vrai, sale, sans langue-de-bois, absolument pas éloigné des problèmes qu’on a chez nous ? Vous l’avez avec Murakami qui brise de nombreux codes littéraires japonnais.
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