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La vieille dame du riad de Fouad Laroui
Date france :
2011.08.11
Editeur :
ISBN :
9782260019596

La vieille dame du riad

2011
3 h
D'après votre vitesse de lecture (15 000 mots à l'heure), il devrait vous falloir environ 3 h pour lire ce livre.

Temps restant en fonction de l'avancement :

33 %67 %
2 h1 h
 
 
Sur un coup de tête, François et Cécile lâchent tout à Paris pour aller s’installer à Marrakech. Quel choc quand ils découvrent, dans une petite pièce au fond du riad qu’ils viennent d’acquérir, une vieille femme qui y semble installée de toute éternité. Ni l’agence immobilière ni les anciens propriétaires ne sont en mesure de leur expliquer ce qu’elle fait là. La femme est très vieille, paisible, parlant quelques mots d’un dialecte que personne ne comprend et ne paraît absolument pas disposée à quitter les lieux. Cette présence dérangeante plonge le jeune couple dans le plus profond des embarras. Pétris de valeurs humanistes, ils ne savent comment gérer cette situation. Pas question de jeter à la rue une personne aussi fragile. Aucune institution n’est prête à l’accueillir. Impossible de retrouver sa famille. Comment aménager cette cohabitation ? La faire travailler contre le gîte et le couvert ?... mais pour faire quoi ?... La considérer comme une amie de la famille ? Mais ils n’ont absolument rien en commun. Lui trouver une chambre en ville ? Impossible de la faire partir manu militari. Accomplir un acte charitable et l’accueillir comme une SDF ? Se soumettre et accepter cette étrange situation ? Mais cette présence, aussi discrète soit-elle, reste une intrusion insupportable et un viol de l’intimité de ce couple plein de bonnes intentions.
Avec cette fable drôle et touchante, Fouad Laroui s’interroge de façon faussement naïve sur les différences culturelles et leur difficile cohabitation.

Les commentaires :

 
Franchement, j’ai bien cru avoir sous la main LE navet de la dernière décennie, avec un auteur qui a grandement tout perdu de sa capacité d’écriture, succombant à son tour aux affres de la facilité littéraire qui rapporte quand même du fric, façon Joël Dicker ou Katherine Pancol.
Le précédent ouvrage que j’ai lu étant d’Abdellatif Laâbi, un truc de haut-vol, j’ai eu la sensation de passer de Victor Hugo à Virginie Grimaldi. Autant dire une claque bien méchante...
Parce qu’il faut le dire : la première partie sur notre couple franchouillard est d’une qualité nullissime, saturée de dialogues, de reparties bien lourdes et de grandes facilités de récit.
Heureusement, la deuxième partie, qui constitue en réalité le coeur du roman, nous ramène à un niveau agréable d’écriture. On suit cette fois l’histoire d’un personnage fictif qui a traversé les évènements majeurs historiques du Maroc du 20ème siècle. Non seulement on a droit à une bonne leçon d’Histoire, mais c’est en plus raconté de manière accessible. Problème toutefois : on retrouve après notre couple ignard qui ne le sera plus après ça, et on se farçit une forme de morale cachée comme quoi les étrangers ne devraient pas s’approprier les biens culturels d’autres nations (cf le riad). Le personnage de François, représentant la balourdise, gratifie également le lecteur de certains commentaires racistes. Le souci, c’est qu’on a du mal à savoir si l’auteur l’a fait exprès ou pas. Du genre micro-agressions qui passent pour habituelles/naturelles/juste-naïves et qu’on n’arrive pas à distinguer d’une critique volontaire ou non.
Mais alors, pourquoi ce sandwitch narratif immangeable sur Cécile et François ?? On s’en fout royalement de nos Gaulois ! Et quelle souffrance pour les yeux et le cerveau !!! Presque le tiers du livre est inutile. Seule l’histoire de Tayeb en vaut la peine, surtout pour encore une fois le fond historique, ainsi que la triste fin de ce personnage.
L’autre fin, celle du livre dans laquelle le riad devient un musée et le Tayeb se retrouve sans le moindre soupçon sur une photo, a un côté bien complaisant. Bref, c’est bien dommage. Si Laroui s’était contenté d’un couple d’acheteurs du riad aidés du voisin et de l’histoire de Tayeb, le livre aurait grandement gagné en prestige.
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