2026-08-13 07:16
Franchement, j’ai bien cru avoir sous la main LE navet de la dernière décennie, avec un auteur qui a grandement tout perdu de sa capacité d’écriture, succombant à son tour aux affres de la facilité littéraire qui rapporte quand même du fric, façon Joël Dicker ou Katherine Pancol.
Le précédent ouvrage que j’ai lu étant d’Abdellatif Laâbi, un truc de haut-vol, j’ai eu la sensation de passer de Victor Hugo à Virginie Grimaldi. Autant dire une claque bien méchante...
Parce qu’il faut le dire : la première partie sur notre couple franchouillard est d’une qualité nullissime, saturée de dialogues, de reparties bien lourdes et de grandes facilités de récit.
Heureusement, la deuxième partie, qui constitue en réalité le coeur du roman, nous ramène à un niveau agréable d’écriture. On suit cette fois l’histoire d’un personnage fictif qui a traversé les évènements majeurs historiques du Maroc du 20ème siècle. Non seulement on a droit à une bonne leçon d’Histoire, mais c’est en plus raconté de manière accessible. Problème toutefois : on retrouve après notre couple ignard qui ne le sera plus après ça, et on se farçit une forme de morale cachée comme quoi les étrangers ne devraient pas s’approprier les biens culturels d’autres nations (cf le riad). Le personnage de François, représentant la balourdise, gratifie également le lecteur de certains commentaires racistes. Le souci, c’est qu’on a du mal à savoir si l’auteur l’a fait exprès ou pas. Du genre micro-agressions qui passent pour habituelles/naturelles/juste-naïves et qu’on n’arrive pas à distinguer d’une critique volontaire ou non.
Mais alors, pourquoi ce sandwitch narratif immangeable sur Cécile et François ?? On s’en fout royalement de nos Gaulois ! Et quelle souffrance pour les yeux et le cerveau !!! Presque le tiers du livre est inutile. Seule l’histoire de Tayeb en vaut la peine, surtout pour encore une fois le fond historique, ainsi que la triste fin de ce personnage.
L’autre fin, celle du livre dans laquelle le riad devient un musée et le Tayeb se retrouve sans le moindre soupçon sur une photo, a un côté bien complaisant. Bref, c’est bien dommage. Si Laroui s’était contenté d’un couple d’acheteurs du riad aidés du voisin et de l’histoire de Tayeb, le livre aurait grandement gagné en prestige.
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