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Une bouche sans personne de Gilles Marchand
Date france :
2016.08.29
Editeur :

Une bouche sans personne

2016
5 h
D'après votre vitesse de lecture (15 000 mots à l'heure), il devrait vous falloir environ 5 h pour lire ce livre.

Temps restant en fonction de l'avancement :

18 %38 %59 %79 %
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Un comptable se réfugie la journée dans ses chiffres et la nuit dans un bar où il retrouve depuis dix ans les mêmes amis. Le visage protégé par une écharpe, on ne sait rien de son passé. Pourtant, un soir, il est obligé de se dévoiler. Tous découvrent qu’il a été défiguré. Par qui, par quoi? Il commence à raconter son histoire à ses amis et à quelques habitués présents ce soir-là. Il recommence le soir suivant. Et le soir d’après. Et encore. Chaque fois, les clients du café sont plus nombreux et écoutent son histoire comme s’ils assistaient à un véritable spectacle. Et, lui qui s’accrochait à ses habitudes pour mieux s’oublier, voit ses certitudes se fissurer et son quotidien se dérégler. Il jette un nouveau regard sur sa vie professionnelle et la vie de son immeuble qui semblent tout droit sortis de l’esprit fantasque de ce grand-père qui l’avait jusque-là si bien protégé du traumatisme de son enfance. Léger et aérien en apparence, ce roman déverrouille sans que l’on y prenne garde les portes de la mémoire. On y trouve les Beatles, la vie étroite d’un comptable enfermé dans son bureau, une jolie serveuse, un tunnel de sacs poubelle, des musiciens tziganes, une correspondance d’outre-tombe, un grand-père rêveur et des souvenirs que l’on chasse mais qui reviennent. Un livre sur l’amitié, sur l’histoire et ce que l’on décide d’en faire. Riche des échos de Vian, Gary ou Pérec, lorgnant vers le réalisme magique, le roman d’un homme qui se souvient et survit - et devient l’incarnation d’une nation qui survit aux traumatismes de l’Histoire.

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Les commentaires :

 
Une bouche sans personne. Le titre m’a beaucoup intrigué. Un peu abstrait, un peu poétique mais à la fois réel et tangible. Une fois le résumé lu, je savais que je n’allais pas pouvoir refuser. Ma curiosité a été piquée. Ma soif de lecture a été étanchée et maintenant, mes doigts vous livrent cette chronique, espérant vous guider sur les sentiers de mon appréciation.  L’élément le plus important dans ce roman est l’ensemble des personnages, surtout le héros principal. Histoire de faire durer le suspense quelques secondes de plus, je vais d’abord parler des protagonistes secondaires faisant partie intégrante de ce récit. Ils sont réalistes. Des gens qu’on pourrait croiser tous les jours dans la rue, dans les grandes villes du moins. Des personnages ayant une vraie identité avec une partie de leur passé dévoilé. J’ai trouvé cela très intéressant, captivant d’avoir des héros ordinaires. Ni charismatiques. Ni sensationnels. Des héros secondaires ordinaires car le personnage principal est tout à fait différent. Un héros, un zéro ? Comment le qualifier ? Tout dépendra de chaque lecteur. Un personnage banal ayant une vie médiocre mais son histoire nous enchante. Un homme dépressif et pourtant, il arrive à nous donner le sourire. Il n’est pas simple de s’adapter à lui, d’apprendre à le connaître. Du moins, au début, pendant une certaine phase, une certaine étape. Une fois ce laps de temps passé, nous le côtoyons sans aucune gêne, sans aucune honte ou désagrément. Pourquoi le héros devrait-il toujours être un personnage charismatique, fort et/ou courageux ? L’auteur, dans son roman, nous fait remarquer que même les personnes que nous qualifions parfois de « ratés » dans notre monde peuvent se transformer en héros d’un soir. En plus de nous étonner, il nous donne une leçon de vie et cela est tout à fait incroyable. Nous n’avons aucune impression de nous faire sermonner durant le récit. C’est seulement en y réfléchissant qu’on se rend compte de cela et des changements qui se sont opérés en nous. Subtil et efficace.  Ensuite, le suspense. L’attente angoissée de ce qui va se produire, de ce qui va arriver. On pourrait se demander où est le suspense ou comment l’auteur arrive à en placer dans son roman et au fil des pages qui défilent, nous obtenons notre réponse et sommes pris dans l’engrenage de ce sentiment. Chaque page tournée nous donne envie de lire encore plus, encore plus vite, et les pages se tournent de plus en plus vite, bougeant sous notre adrénaline de lecture. Je trouve cela très bien joué de créer un sentiment de suspense en dévoilant les personnages au goutte-à-goutte. C’est subtil mais encore une fois, efficace car le lecteur ne peut qu’apprécier ce talent et ce génie, du moins quand il lève les yeux du livre. En fait, cela prouve qu’il ne faut pas toujours de l’action et du danger pur captiver le lecteur. De simples histoires, de simples ragots suffisent à piquer notre curiosité, à nous faire vivre de manière angoissée au cours des pages pour satisfaire notre soif d’informations. Un roman qui sort enfin des stéréotypes et qui nous donne d’incroyables sensations, c’est vraiment le top et très intéressant.  Pour terminer, dans le roman, se trouve une petite touche irréaliste, surréaliste. Je trouve ce procédé assez bizarre de manière générale, un peu trop fantaisiste à mon goût alors que je suis un grand amateur de fantasy. Ici, c’était différent, ça donnait naissance des scènes complètement loufoques, folles, insensées tout en donnant une petite touche heureuse, de couleur au récit, à notre monde. En fait, ce qui est surtout intéressant avec cette touche surréaliste, c’est quand on analyse le cadre spatial de l’histoire. Grande ville pleine de monde, le travail est placé roi. L’indifférence entre les personnes est monnaie courante. Un monde triste, terne, noir et blanc. Alors viennent ces touches imaginaires de couleur pour égayer la vie de notre héros anti-héros. Du coup, ces moments, ces passages complètement fous, déjantés, dignes de l’imagination « travoltarienne » nous émerveillent et nous ne luttons pas pour revenir les pieds sur terre, nous préférons continuer ce voyage insensé, peur de ne plus apprendre à connaître notre personnage principal. Alors, c’est vrai que c’est assez surprenant de lire les premiers passages surréalistes mais c’est comme les épinards, avec le temps, on arrive à les apprécier. Finalement, j’ai succombé à la couleur.  En conclusion, ce livre changeant de mes habitudes a été un chouette moment de lecture, un moment d’ailleurs très intéressant.  
Les lectures de Kevin
http://leslecturesdekevin.blogspot.be/
 
A travers ce livre, Gilles Marchand oppose volontairement sa narration à la la gravité du thème. Celle-ci s’évade fréquemment dans le fantaisiste. Son personnage principal est comptable dans l’âme et puriste tant pour les chiffres que pour la grammaire. Mais dès sa journée de travail terminée, après avoir passée l’étape boulangerie sur le chemin du retour, son coté rigoureux s’évanouit progressivement. Le livre suit la mentalité de ce personnage en suivant une structure de narration assez rigide : un chapitre par jour, découpé en une phase de travail rigide, suivi du retour chez lui où le loufoque prend toute sa signification sans perturber notre personnage, à condition toutefois que certains points de passage soient respectés pour ne pas détruire sa routine. Ensuite vient sa sortie du soir, où il retrouve ses amis de bar pour une autre phase rassurante de son quotidien. Mais un minuscule accident, un café renversé, va le forcer à sortir de sa réserve et l’inciter à se confier à ses amis. Le passé de ce personnage est raconté sur un rythme assez lent, dévoilé au compte goutte lors de ses soirées. Après avoir montré l’esprit grammatical rigide de son comptable par ses échanges avec la boulangère, l’auteur n’hésite pas, quant à lui, à s’en affranchir pour accélérer par moment avec des enchaînements de phrases très courtes, quitte à être incorrecte grammaticalement. De même pour traduire la confusion, il n’hésite pas à introduire des répétitions multiples qui rendent bien l’état d’esprit du personnage. Dans les détournements de situation on retrouve l’exagération et l’exubérance de Boris Vian, d’ailleurs cité. J’y ai aussi retrouvé un peu de Raymond Devos avec ses rencontres avec le chien. Et comment ne pas associer le grand-père à Roberto Benigni dans La vie est belle dans sa capacité à réinventer la réalité pour protéger son petit-fils, d’autant que comme nous le découvrirons sur la fin du livre, l’élément déclencheur de cette histoire est également issu de l’un des plus tristes actes de la seconde guerre mondiale. 
L’écharpe m’a permis de masquer cette différence. Elle soulève d’autres questions, mais il est plus facile de vivre avec des questions qu’avec une différence.
 
Le réverbère en bas de chez moi ne fonctionne plus. Suicide, à n’en pas douter. Faut-il prévenir quelqu’un, la police, la famille ?
 
...je n’ai qu’une méthode : celle qu’a appliquée consciencieusement Pierre-Jean tout au long de sa vie. Ne pas s’encombrer de la réalité, transformer son présent pour oublier son passé.
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