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Le rat blanc de Christopher Priest
Date france :
1976
Titre origine :
Fugue for a Darkening Island
Date origine :
1972
Traducteur :
Nathalie Gouyé
Editeur :
ISBN :
2-258-00144-7

Le rat blanc

1976
3½ h
D'après votre vitesse de lecture (15 000 mots à l'heure), il devrait vous falloir environ 3½ h pour lire ce livre.

Temps restant en fonction de l'avancement :

8 %39 %69 %
3 h2 h1 h
 
 
Dans un futur dangereusement proche, une guerre nucléaire ravage l’Afrique, la famine s’en mêle, des millions de réfugiés noirs
déferlent sur l’Europe. Sous ce coup de boutoir, les sociétés industrielles avancées vacillent et perdent leur équilibre. Dans
une Angleterre ravagée par la crise, l’Etat et l’Armée se cassent en deux, les Loyalistes affrontent les Nationalistes et, dans les banlieues, les milices blanches se barricadent contre les squatters noirs armés. Ce n’est que la toile de fond. Le sujet du livre, c’est la dégradation d’un homme ordinaire, un tant soit peu médiocre, un tant soit peu névrosé, plongé dans ce chaos. En bouleversant délibérément la chronologie, Christopher Priest nous donne à voir que son personnage fut médiocre dans tous les instants de sa vie. De rares qualités d’écriture font de ce tableau lugubre un livre fascinant.

Les commentaires :

 
D’abord j’ai cru à tort que l’histoire portait sur une inversion des richesses, avec une Afrique prospère et une Angleterre affamée.
Ensuite j’ai été séduite par la couverture de la nouvelle édition française chez Denoël (qui ne l’a visiblement pas été ?) sous le titre Notre île sombre.
Ce livre, je l’ai lu en anglais dans sa version américaine de 1972. Autant dire une version pas du tout révisée comme celle de 2014. Et j’ai très vite compris pourquoi ce bouquin avait subi des modifications, même si j’en ignore les tenants.
Ce livre, j’ai plusieurs fois failli l’abandonner en le balançant sur le lit comme un objet dégoûtant. Je vais vous expliquer pourquoi.
J’imagine parfaitement et tout d’abord que la première chose que l’auteur a dû supprimer dans son ouvrage, c’est l’utilisation du “N” word. Il est constamment utilisé comme un mot normal, on ne sait vraiment si ça vient du narrateur ou de l’auteur. 1971 (année de publication en Grande-Bretagne), 1968 et le discours anti-immigrants de Powell. Il n’y a qu’un pas à faire entre le contexte historique de l’époque et le racisme cinglant du livre. Critique, Priest ? Pas évident à la lecture, tant ce mot ne semble pas utilisé de manière dénonciatrice.
Alan Whitman, le personnage principal au nom pas du tout ambigu, est carrément antipathique. On est loin de l’image d’un anti-héros. C’est juste un mec banal et con comme beaucoup d’autres qui pense beaucoup avec sa bite et pas trop avec son cerveau. On assiste dans ce livre à la genèse de sa vie sexuelle dont on n’a d’ailleurs absolument rien à foutre. Et pourtant, combien y a-t-il de pages sur ses ébats avec diverses femmes (pas la sienne hein, on a dit qu’il était con), ébats qui sont parfois des viols, ébats qui ne servent EN RIEN l’histoire ? On nous déroule sur un tapis rouge l’étiolement rapide et constant de ses relations intraconjugales qui n’a jamais mené à une confrontation directe et sérieuse, ni à un arrêt pur et simple des frais qui aurait pourtant arrangé bien des choses. Tout ça pour quoi ? Pour rien.
Ce roman est construit sous forme de flashbacks qu’on met un temps fou à remettre dans l’ordre. Cela pourrait créer une dynamique, peut-être était-ce l’effet recherché par l’auteur, sauf que ce système ne sert à rien non plus à part emmêler sérieusement et vraiment inutilement aussi bien les cheveux que les neurones. Au lieu d’une dynamique, c’est la confusion et un désintérêt grandissants qui se manifestent. On s’y perd et tout ça pour quoi ? Pour rien.
Le récit s’apparente à un savant mélange de La Guerre des mondes, Au coeur des ténèbres et L’Île du Docteur Moreau “grâce” à une description quasi sans émotion et super précise quoique superflue, comme dans le récit de Wells, et à une perte d’identité qui rejoint la noirceur du genre humain perdu dans les méandres d’un monde sans lois où le plus fort règne, comme dans les deux autres. Mais comme le style est relativement absent, pourquoi tout ça ? Pour rien.
Ce récit est une dystopie plus trop dystopique de nos jours vu les cruelles similitudes que son développement a avec notre actualité : des migrants réfugiés dont personne ne veut, la haine et peur de l’étranger, le rejet pur et simple de l’immigration... Des passages de ce livre auraient pu être publiés dans des articles sur l’Aquarius et autres navires de sauvetage que personne ne veut voir amarrer dans ses ports européens tant les images sont identiques. L’auteur a fait plus que de l’anticipation : il a vu l’avenir. L’anticipation, elle est peut-être pour la prochaine étape : les immigrants pourraient se rebeller et ne plus accepter qu’on les traite comme des moins que rien à les parquer dans des camps ou les laisser crever dans l’eau. L’idée se défend et paraît même logique et normale à force de tirer des ficelles anti-humanitaires. Sauf que ce qui est détestable dans ce livre, c’est que seuls les Blancs sont décrits comme des victimes, seul leur point de vue est défendu, tandis que les Noirs sont décrits comme des kidnappeurs-violeurs-tueurs-voleurs. C’est manichéen au possible et c’est moche, c’est laid. C’est carrément raciste. D’autant plus qu’on découvre à la fin (une fin super tranchée dans le vif mais loin d’asséner un coup fatal) que Whitman commet un meurtre contre un Africain. Par vengeance, par défoulement, par folie, on ne sait trop. La déshumanisation l’a atteint et a fini de faire de lui un être abject, mais ça n’excuse rien. Temps de guerre, me direz-vous. Atrocités qui courent par ces temps maudits. Certes. Je lis les news. Je vois très bien ce que ça peut faire faire aux gens. Mais la description d’Africains comme envahisseurs présents pour “tout faire péter” et violer nos femmes et nos enfants et en faire des esclaves, c’est mettre tout un groupe de gens dans le même panier et c’est raciste, point barre.
Quant à l’idée de l’arroseur arrosé, ce Blanc qui a conquis et commis les mêmes horreurs quand il a lui-même colonisé et qui est maintenant remis à sa place avec les mêmes châtiments, c’est finalement le seul concept acceptable de ce bouquin. Voir Whitman te parler de sa maison et son quartier envahis par les aliens (oui oui, faut pas oublier qu’en anglais les aliens, c’est les étrangers, les immigrants, les gens qui ne sont pas d’ici) et se présenter comme la victime du siècle qui n’a rien fait lui le pauvre, c’est juste fendant et pathétique.
Le racisme, dans tous les sens du terme et surtout dans toutes les combinaisons de couleurs possibles, c’est pourri. J’en ai marre que le monde soit pas capable de tourner rond. Marre qu’on se base sur des différences pour décrire l’apocalypse. Et marre que ça existe toujours surtout. Ce livre, je l’ai détesté. Lui et les idées qui en émanent et qu’il continue de véhiculer.
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